La Louvière vue par Leslie Leoni

Leslie Leoni, petit bout de femme énergique aux mille casquettes nous emmène visiter sa ville : La Louvière

Artiste, enseignante, entrepreneuse, commerçante, dénicheuse de talents fédératrice… et ambassadrice de choc de sa ville, Leslie Leoni a une multitude de casquettes. Ce petit bout de femme énergique et passionnée nous a parlé avec fougue de sa ville qui vaut le détour, croyez-moi !

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C’est dans sa boutique/galerie/atelier Brock’N’Roll que Leslie m’a donné rendez-vous. La première partie du lieu est consacrée à la boutique. On y retrouve des créateurs qui touchent à l’image imprimée, des illustrateurs, relieurs mais aussi des artisans du bijou, des designers textiles, de la vaisselle… En un mot, un joli melting pot de la création belge et au-delà. Ensuite, on entre dans la partie atelier/galerie. Leslie expose trois fois par an divers artistes que l’on peut découvrir juste en passant la porte. Elle y organise aussi des ateliers pour enfants et adultes car la transmission est quelque choses d’important à ses yeux et tous les enfants n’ont pas la chance d’avoir accès à des structures culturelles. C’est pour cela qu’elle met en place, avec les écoles de la région, des animations pour que les enfants découvrent une technique, un nouveau lieu et qu’ils puissent aussi se rendre compte que l’art n’est pas figé.

L’art, Leslie y baigne depuis qu’elle est toute petite. De Mariemont à Boch où elle allait décorer son bol ou son assiette, c’est son père qui l’a initiée à la culture. Il l’emmenait visiter les musées les samedis après-midi lors de son jour de congé. Lorsqu’est arrivé pour elle le choix des études, elle se tourne vers un régendat en arts plastiques car pour Leslie, l’art se partage et se transmet.

Plusieurs rencontres vont être importantes dans sa vie d’artiste mais une va être essentielle dans son parcours, sa rencontre avec Kikie Crevecoeur qui lui dit qu’elle dessine comme une «graveuse». Et c’est là que se fait le déclic pour celle qui est née à quelques rues du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée. Cours de gravure le jour, garde d’enfants dans un pensionnat pour gagner sa vie la nuit, Leslie a mille vies depuis toujours. Boulimique de travail, avide de rencontres, cette artiste généreuse a à coeur de se mettre au service des autres. Cela passe par son enseignement mais aussi par Brock’N’Roll. Lorsqu’elle a créé ce lieu, ce n’est pas juste pour avoir une vitrine pour ses oeuvres. C’est surtout pour mettre en avant le travail de l’autre et pour que la culture soit à la portée de n’importe quel quidam. Le crédo de Leslie, c’est la culture pour tous. « Un des objectifs principaux de Brock’N’Roll à sa naissance était que les gens puissent découvrir l’image imprimée simplement. La porte est ouverte à tous. Les gens entrent et posent des questions. Le lieu n’est pas cloisonné.» nous dit-elle et son pari est réussi. Brock’N’Roll est un endroit où l’on a envie de pousser la porte juste en passant devant la vitrine qui est un véritable cabinet de curiosités habillé tous les 4 mois par un artiste différent.

Si Leslie est amoureuse de la culture et des gens, elle l’est aussi de sa ville qu’elle essaie de mettre en lumière de mille et une façons. À chaque rencontre, elle dit «viens». «Viens voir Brock’N’Roll et ma ville».

«La Louvière, c’est comme chez les cht’is, tu pleures quand tu arrives et tu pleures quand tu repars».

Le ton est donné. La conversation lancée.

Leslie, dis-nous pourquoi pousser jusqu’à La Louvière ?
La première chose, il faut venir à La Louvière pour les gens. Les Louvièrois sont hyper chaleureux. Nous sommes toujours ouverts à n’importe quelle expérience et c’est une ville où l’on se sent chez soi. En famille. J’adore partir à l’extérieur mais il me tarde toujours de revenir. À La Louvière, il est facile d’aller à la rencontre des uns et des autres. Tout le monde peut te parler de la ville. Les gens ne sont pas spectateurs, ils savent ce qui se passe dans leur cité des Loups. L’un t’emmène à un endroit, un autre te conseille telle exposition. Ici, on est porté par les gens, par la vie culturelle et même la vie tout court car on est actif dans différents domaines.

En parlant de culture, ce qui est tout de même mon domaine de prédilection, on se défend vraiment bien, tout comme Charleroi. Peu de gens arrivent à réaliser que ce qui est complètement dingue à La Louvière, c’est qu’il y a énormément de grosses structures sur une petite superficie. Une fois oubliée la première impression du passé industriel de la ville et du paysage peut-être moins attrayant qu’ailleurs, il y a moyen d’y passer une merveilleuse journée.

Que faire pendant une journée à La Louvière ? Peux-tu nous donner ton programme idéal ?Tout d’abord, commencer par Keramis. C’est un endroit qui m’apaise énormément. J’y suis comme en retraite. Keramis c’est l’histoire de notre ville. Mais c’est aussi l’écriture de notre futur. La perte de la manufacture Boch a été un gros coup dur pour la ville mais Ludovic (ndlr Ludovic Recchia, le directeur du Centre de la Céramique Keramis) et la ville ont eut l’intelligence de rebondir sur l’échec pour faire connaitre l’histoire et le patrimoine de leur ville. Ludovic a parcouru la manufacture pendant des mois afin de préserver notre patrimoine. Tout aurait pu disparaitre.

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Cependant si Keramis nous plonge dans le passé de La Louvière en acquérant, conservant, exposant et étudiant les collections historiques liées à l’histoire industrielle de Boch, il est de plain-pied dans le présent et nous mène vers le futur au travers de ses expositions contemporaines. Centre d’art,

il promeut la création artistique actuelle dans le domaine de la céramique et est aussi un lieu de création car il dispose d’une résidence artistique.

Quand tu sors de Keramis, tu passes au Musée Ianchelevici. Discret dans la ville, il y a un véritable engouement extérieur pour ce musée communal qui présente des surfaces d’exposition réparties en 2 étages.

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Les salles du rez-de-chaussée accueillent l’exposition permanente, leg du sculpteur Ianchelevici, où l’on peut admirer sculptures en marbre, en pierre, en bronze et en plâtre ainsi que de nombreux dessins de l’artiste. Les vastes salles de l’étage sont, elles, vouées aux expositions temporaires centrées sur l’art contemporain. Le musée développe aussi des visites pour les malvoyants et je trouve ça génial.

Ensuite, tu passes par le lieu d’où tout part : le Daily-Bul. Maison d’édition fondée par Pol Bury et André Balthazar en 1957, le Daily-Bul est intimement lié au mouvement Cobra et au surréalisme. Aujoud’hui, il est devenu un centre d’archives et un lieu d’exposition. On doit aussi à André Balthazar le Centre de la Gravure et de l’image imprimée. Mon lieu de prédilection bien entendu dédié à la création, la rencontre et la recherche autour de la gravure.

De plus, il y a énormément de petites cellules comme le centre Indigo, maison des jeunes très active dans la musique. Il faut se renseigner aussi avant de venir car beaucoup d’événements se passent dans la ville. La Louvière est une ville qui a des idées, qui est en perpétuel mouvement et où il y a moyen de développer des choses.

Sinon, tu as de bonnes petites adresses à nous confier ?
Oui bien sûr. Il y a mon QG : Il Passatore.

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On y mange des piadines extraordinaires. Leurs produits sont incroyables et dès que je passe la porte je voyage jusqu’en Italie. Autres lieux sympas pour manger un bout :
«Le bruit qui court», «L’Ostéria» ou la poissonnerie dans ma rue qui propose du poisson frais du jour à déguster. Il y a aussi de chouettes petits endroits qui voient le jour. Il commence à y avoir un déclic pour un nouveau genre de commerces. Des forces différentes s’associent. On trouve par exemple «Livre et vous» (un café qui propose un moment lecture), L’ère du vrac (qui questionne les gens sur le zéro déchet). Nous avons aussi quelques commerces incontournables comme l’Ecrivain Public ou le Bédébile sur la place en face du théâtre tenu par un passionné de bandes dessinées et qui te trouve la perle rare tout au fond d’une pile. Ce qu’il y a de sympa chez nous c’est que les gens sont passionnés par ce qu’ils font et ils peuvent te parler de leur commerce de manière très profonde. Quand tu parles avec Lucia du Passatore, elle sait d’où vient sa marchandise, elle te donne des idées de recettes et te parle avec passion de ses produits.

J’ai la chance d’aborder plusieurs aspects avec Brock’N’Roll. La culture, l’enseignement et le commerce. Mon commerce attire les gens et les amène à visiter la deuxième partie, la galerie. Ensuite, ils viennent aux ateliers. Brock’N’Roll m’a aussi permis de rencontrer des gens. La Louvière est une ville où l’on a envie de s’investir.

Et s’investir dans sa ville pour Leslie n’est pas peu dire. Pour le faire de manière encore plus approfondie, Leslie va tout bientôt embrasser la vie politique. Mais ça c’est une autre histoire. Pour le moment la fin de notre rencontre s’annonce. J’ai promis à Leslie de la déposer à Bruxelles. Elle est attendue à La Cambre où elle exerce en tant qu’assistante à l’atelier gravure. Encore une bonne demi-heure où l’on pourra discuter à bâtons rompus d’art et de La Louvière.

On terminera comme elle en disant «Viens chez Brock N’Roll, viens à La Louvière»

1 commentaire

  1. Merci beaucoup pour tout tes conseils !

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